Je suis née en 1980 et aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu un crayon ou un instrument de musique dans les mains. J'aurais aimé vous dire que j'avais aussi le nez dans les livres, parce que ça aurait fait classe, mais la réalité c'est que j'ai surtout beaucoup regardé la télé.​​​​​​​
​​​​​​Mon premier film, je l'ai tourné avec mon frère quand j'avais 8-10 ans, mais on n'avait pas de caméra. Ballot. Alors on a rejoué jusqu'à plus soif notre histoire de cow-boys et d'indiens en prenant soin d'améliorer la mise en scène à chaque "prise". 
Je suis devenue graphiste au début des années 2000 et j'ai pu commencer à m'équiper un peu plus sérieusement, mais j'ai continué à utiliser des bouts de ficelle et mon "imagination d'enfant" pour bricoler mes vidéos dans mon coin.
Après quelques années à faire des logos et des mises en pages pour gagner ma vie, je me suis retrouvée à travailler aux côtés d'animateurs et d'animatrices de dessins-animés, alors je les ai observé·e·s comme une petite souris et j'ai commencé à faire bouger des dessins dans mon ordi.​​​​​​​
J'avais alors presque 40 ans et des tas de trucs pas féériques à raconter. Je me suis donc lancée en 2020, en diffusant pour la première fois un film sur internet : "Juste un spectacle pour enfants", la critique parodique d'une comédie musicale familiale qui m'avait mis hors de moi. Et parce que j'aurais été bien incapable de dessiner des personnages évoluant sur une scène de théâtre, j'ai dû trouver des ruses. C'est donc comme ça, en rusant, que j'ai trouvé ma forme à moi : mêler des séquences dans lesquelles je parle devant une caméra et du "dessin qui bouge".
Oui, je suis assez contente de l'expression "dessin qui bouge".
Emilie D