Je vous propose ici une sélection de livres, podcasts, films et spectacles qui m'ont aidée à développer ma réflexion et à affirmer mes convictions sur l'égalité des genres. Les objets culturels que je vous propose ici sont relativement faciles d'accès, évidemment, si vous êtes déjà bien engagé.e dans la déconstruction, vous ne découvrirez pas grand chose. 
Je ne vous donne les liens internet que pour les contenus disponibles uniquement en ligne, pour le reste, je ne peux que vous encourager à vous rendre chez votre libraire.

King Kong théorie, un essai de Virginie Despentes

Ce livre est incontournable, Virginie Despentes y parle longuement du viol en commençant par raconter le sien. C'est un livre qui bouscule et donc une lecture nécessaire. On est régulièrement pris par le besoin de noter ses phrases en grand sur une page blanche tellement on a l'impression d'avoir affaire à une "bible". Je vous en livre deux extraits qui raisonnent pas mal avec les raisons qui m'ont amenée à ce projet, mais j'aurais pu en mettre mille : 
« Ma puissance ne reposera jamais sur l’inféodation de l’autre moitié de l’humanité. Un être humain sur deux n’a pas été mis au monde pour m’obéir, s’occuper de mon intérieur, élever mes enfants, me plaire, me distraire, me rassurer sur la puissance de mon intelligence, me procurer le repos après la bataille, s’appliquer à bien me nourrir… tant mieux. »
« En revanche, je suis verte de rage qu’en tant que fille qui intéresse peu les hommes, on cherche sans cesse à me faire savoir que je ne devrais même pas être là. »
Les thèmes abordés sont nombreux, on est souvent bousculé.e dans ses certitudes. King Kong Théorie est un livre indispensable pour se départir de ses réflexes et ouvrir le champ de réflexion au maximum, je pense notamment au thème de la prostitution qui doit être LE sujet qui divise le plus les féministes.
Je n'ai plus besoin ici de vous envoyer vers sa tribune "Désormais on se lève et on se barre", mais je le fais quand même. Voici également son texte lu par Augustin Trapenard sur France Inter "Lettre adressée à mes amis blancs qui ne voient pas où est le problème". Virginie Despente est résolument une voix forte de son époque.
Mon évasion, l'autobiographie de Benoîte Groult

Bon, alors autant le dire tout de suite, je kiffe la romancière et essayiste Benoîte Groult, qui nous a malheureusement quittés en 2016. Née en 1920, elle nous donne à comprendre ce que ça a été que d'être une femme, en France, dans ces décennies qui ont vu grandir et vivre nos mères et nos grands-mères, même si elle vient d'un milieu bourgeois et très privilégié qui n'est pas du tout celui de mes aïeules. 
On a beau voir aujourd'hui plein de citations de Benoîte Groult dans les manifs féministes, elle n'a pas été reconnue par les féministes universitaires de son temps. Elle regrette de n'avoir pas été conviée à signer le "Manifeste des 343 salopes" en 1971. Elle s'est même fait snober par Simone Veil quand elle a, en 1984 porté la loi sur la féminisation des noms de métiers. Le livre vaut le détour rien que pour comprendre l'enjeu derrière cette question trop souvent moquée. 
C'est le premier livre féministe que j'ai lu et il m'a donné la rage. Quand Benoîte raconte comment elle a été giflée par son mari Georges de Caunes, lors d'un diner entre amis parce qu'elle avait osé dire un truc sensé et signifier qu'elle avait un cerveau, ça fait froid dans le dos.
Après avoir lu ce livre on n'a qu'une envie, celle de lire Ainsi soit-elle qui est l'essai qui l'a révélée en 1977. Elle y a dévoilé au monde la réalité de l'excision, jusqu'alors considérée comme un folklore à protéger. Elle a aussi sorti la même année l'ouvrage Le féminisme au masculin, dans lequel j'ai découvert qu'il a quand même été des hommes, au cours de l'histoire, pour réfléchir à la condition féminine et essayer de faire bouger les lignes.
Pour voir Benoîte Groult parler de la féminisation des métier et avoir une toute petite idée de la façon dont elle était reçue par les journalistes hommes (mais pas que d'ailleurs), il y a cette vidéo de l'INA.

Beauté fatale, un essai de Mona Chollet

Ce livre a été une vraie claque. J'avais une bonne idée des pressions qui pèsent sur les femmes, mais je ne me rendais pas compte de l'ampleur de l'aliénation féminine voulue par la société toute entière. Et particulièrement la société de consommation, qui a su, dans les années 50, profiter du désœuvrement de femmes au foyer noyées sous les charges familiales et en quête d'un minimum de reconnaissance. 
Ça a beau être un essai très pointu, c'est hyper concret et très ancré dans notre vie de tous les jours. J'ai découvert la vie quotidienne des mannequins (femmes et hommes) , ça donne vraiment la nausée. Mona Chollet cherche à comprendre ce qui conduit autant de jeunes gens à donner leur santé physique et mentale pour atteindre ce rêve et comment ce phénomène, qui pourrait paraître anecdotique pour bon nombre d'entre nous, est un sujet de société à part entière. Je vous préviens, après avoir lu ce livre, il est très difficile de garder de l'estime pour Karl Lagerfeld (ce qui dans mon cas n'est pas grave du tout).​​​​​​​
Portrait de la jeune fille en feu, un film de Céline Sciamma

Ce film est devenu mon film d'amour de référence, détrônant Titanic, qui détenait la place depuis 1997. Bon, il faut dire qu'il y a une multitude de thèmes abordés, en plus de la relation amoureuse : le deuil, le rapport à l'art (peinture, musique) et surtout la "sororité". 
Pas besoin d'expliquer cette notion, encore inconnue pour beaucoup, quand on voit ce film : elle saute aux yeux. Quand une femme filme quasi exclusivement des femmes, on sort totalement des rapports de domination habituels au cinéma, qui ont contribué à façonner les rapports humains (pour ne citer qu'un exemple, le 7e art a quand même conditionné la manière dont devrait se dérouler un rapport hétéro). Le film s'emploie à ouvrir le champ des possibles dans la relation. Il montre même l'inverse du coup de foudre habituellement servi : la montée progressive des sentiments qui naissent parce que deux êtres apprécient d'être ensemble et de converser, le désir physique n'étant pas le premier à être mis en scène. 
J'ai écouté avec amusement certains journalistes du Masque et la Plume sur France Inter (pas les plus jeunes) dire que le film n'avait aucune sensualité : pas facile de remettre en question une imagerie créée par les hommes, pour les hommes et qui a conditionné durablement le regard de tou.te.s.
Le film est sorti en DVD et est disponible en VOD.  
Je vous conseille vivement l'émission Le Grand Atelier, en compagnie notamment de la réalisatrice, de la conseillère historique et de la peintre Hélène Delmaire qui a réalisé les tableaux du film.
Pour voir la bande annonce du film, c'est ici.
Du côté des petites filles, un essai d'Elena Gianini Belotti

C'est un ouvrage de référence qui date de 1973, il faut donc mettre en perspective ce qu'on lit, compte-tenu des évolutions sociétales. Il n'empêche, ce livre met énormément de choses en lumière : il démontre le conditionnement des petites filles dès leur plus jeune âge, en vue d'en faire de parfaites femmes aimantes, serviables… dociles. 
Elena Gianini Belotti explique comment, bien souvent, chaque enfant perd des qualités innées précieuses quand il se conforme au modèle parental : par exemple, les petites filles perdent leur combativité et les garçons leur sensibilité. 
Un des chapitres qui m'a le plus marquée est celui où elle explique que dans la littérature jeunesse, les personnages féminins passent le plus clair de leur temps à regarder par la fenêtre : à elle, il n'est souvent permis que de rêver d'un monde qui ne sera jamais le leur en attendant bien sagement que les héros de leur famille, leur père et leurs frères, aient besoin d'elle à leur retour. Au secours ! (euh non, pas "au secours" en fait, voir "Damsell in distress" dans la rubrique "Recos bricolées).
C'est dans ce livre que j'ai été sensibilisée aux stéréotypes dans les contes de fées. Et eux, ils n'ont pas changé depuis 1973.

Bonhomme, un seul en scène de Laurent Sciamma

Si vous êtes une femme féministe hétérosexuelle et que vous n'avez jamais osé aborder le sujet avec votre moitié, ce spectacle va peut-être changer votre vie. Laurent Sciamma ne se contente pas de se déclarer "allié" des femmes et des féministes, il fait la démonstration que l'égalité des sexes profitera tout autant aux hommes qu'aux femmes, parce que la masculinité n'a jamais été interrogée et remise en question par monsieur tout-le-monde (voir l'article Les couilles sur la table, ci-dessous). 
Laurent nous raconte notamment son enfance avec ses deux sœurs, sa relation avec son ex-compagne ou ses virées entre copains. En plus d'être totalement hilarant, c'est hyper concret et ça ancre l'engagement dans le quotidien, le vrai. 
Si vous êtes né.e aux alentours de 1980, vous pourrez vous marrer encore plus, puisque Laurent ne manque pas de citer les grands objets culturels de sa génération : Les Polly Pocket, Hartley Cœurs à vif ou Mamie Nova… Si on est déjà convaincu.e, on en ressort remonté.e à bloc et rempli d'allégresse.
Youpi, les représentations de Bonhomme devraient reprendre bientôt ! Rendez-vous ici
Les couilles sur la table, un podcast de Victoire Tuaillon / Binge Audio

Pour la faire très courte : on a tou.te.s toujours entendu parler de "féminité". La société ne manquant pas une occasion de dire aux femme comment elles doivent être et ce qu'elles doivent faire pour être féminines, donc de "vraies femmes". 
Mais si on retourne le miroir, qui — à part les initié.e.s — sait ce que c'est la "masculinité"? Normal, parce qu'en général, on n'interroge pas le genre dominant, parce que c'est la norme et que seul ce qui s'en écarte mérite d'être étudié. 
Du coup, les garçons ne sont jamais habitués à se penser en tant que tels. C'est quoi "être un homme" ? Virginie Despentes en parle beaucoup dans King Kong Théorie, ce n'est donc pas un hasard si Les couilles sur la table lui a consacré une trilogie (sept/oct 2019). Je ne saurais que trop vous conseiller l'écoute de ces épisodes, parce que lire Virginie Despentes, c'est bien, mais l'entendre, c'est ouf !
À retrouver sur votre plate-forme de podcast habituelle ou ici.

L'origine du monde, une BD de Liv Strömquist

À la lecture de ce livre, on découvre que la condition féminine aurait pu et même dû être bien différente car, il y a bien longtemps, la puissance des femmes était reconnue. Vous allez donc découvrir qui sont les hommes prétendument géniaux qui se sont employés à pourrir la vie des femmes de leur époque et des suivantes. Quels arguments ils sont aller chercher afin de faire passer les femmes pour des êtres maléfiques, dangereux, hystériques et j'en passe… Je n'aimais déjà pas beaucoup Freud avant de lire ce livre, et ben c'est pas mieux maintenant. 
Toutes les citations et les faits énoncés par l'autrice sont référencés directement dans les vignettes. Liv Strömquist effectue donc un énorme travail de recherche et de vulgarisation. ​​​​​​​Au premier abord on pourrait croire que Liv ne sait pas dessiner, mais son style qu'on pourrait qualifier de "naïf" est hyper expressif et colle parfaitement au propos. Liv est aussi journaliste de télévision et animatrice radio si jamais vous parlez couramment le suédois.
Liv a sorti toute une série d'albums qui prolongent celui-ci, en plus les objets sont super beaux ce qui en fait des cadeaux idéaux.

Libérées ! un essai de Titiou Lecoq

J'ai découvert Titiou Lecoq lors d'une conférence fin 2019. Après avoir lu Libérées !, je me suis demandée pourquoi je ne connaissais pas encore cette journaliste, blogueuse, essayiste et romancière dont j'adore l'esprit et la plume. 
Bien qu'abordant des sujets sérieux, ce livre se déguste comme un bonbon, Titiou est drôle et nous parle avec franchise. Elle raconte qu'en tant que féministe, bordélique et fière de l'être, elle était persuadée qu'au moment de fonder un foyer avec son compagnon, elle échapperait naturellement à la condition féminine. Et puis paf, elle aussi a été rattrapée et sommée de prendre ses responsabilités, visibles et invisibles, de femme et de mère: la fameuse charge mentale popularisée par Emma. Au delà des tâches ménagères, le livre pointe par exemple la manière dont nous construisons et entretenons nos intérieurs à l'heure d'Instagram et de l'omniprésence des images de vies parfaites et de lieux parfaits, parsemés d'objets non fonctionnels, comme les jouets pour enfants uniquement décoratifs.
Elle consacre également un chapitre au design et à l'architecture des cuisines domestiques, dont la fonctionnalité a mis énormément de temps à être interrogée puisqu'elle ne mettait en jeu "que" la qualité de vie des femmes. 
Comme le balais et la serpillère, Libérées ! est à mettre entre TOUTES les mains.
Si comme moi vous ne vous lassez jamais de lire du Titiou Lecoq, en plus d'acheter ses livres vous pouvez :
1) faire une orgie en déroulant l'intégralité de son blog Girls and geeks.
2) lire ses articles sur Slate, comme par exemple : Où va le monde si on sexualise même Sophie d'«Inspecteur Gadget»?
3) Vous abonner à la newsletter slate x titiou. Chaque semaine, Titiou nous offre ses réflexions sur une question de société qui met en jeu des rapports de domination (féminisme, justice sociale, justice climatique…) et propose une sélection pointue d'articles et vidéos à retrouver sur internet, dont une curation des articles sortis dans la semaine sur Slate.
Récemment, une femme qui souhaite rester anonyme a écrit à Titiou Lecoq afin qu'elle rende son récit accessible au plus grand nombre. Titiou a donc présenté sur Slate ce témoignage d'un viol et des mois qui ont suivi, racontant de manière très détaillée et réaliste le long et lent processus de reconstruction et les procédures judiciaires éprouvantes qui ont abouti à la condamnation d'un des coupables. Un récit essentiel en 5 épisodes.
Moi Tarzan, Toi Jane, un essai d'Irène Jonas

J'ai été interpelée par ce petit ouvrage à la Librairie du Mucem (Marseille), en marge d'une expo sur le genre en 2013. Ce livre est un peu plus ardu à lire que les autres livres dont je vous parle mais il est vraiment intéressant. 
Vous avez tou.te.s entendu parler du livre/spectacle Les hommes viennent de mars, les femmes viennent de Vénus. On vous a peut-être même raconté très sérieusement à la machine à café, que les femmes ne savent pas lire une carte routière, parce que leurs ancêtres préhistoriques restaient à la grotte s'occuper des petits (première nouvelle). Ça, c'est la "psychologie évolutionniste", à ne pas confondre avec la théorie de l'évolution de Darwin, parce que ça ressemble plus à une thèse de complotiste qu'à autre chose. 
Le but inavoué, c'est d'entretenir le clivage hommes/femmes en faisant croire que la science justifie des normes sociales construites. Par exemple, en persuadant les femmes qu'elles sont trop bavardes et seraient bien plus avisées de caresser les hommes dans le sens du poil en respectant leur besoin de silence, recette miracle pour obtenir enfin la paix dans le couple. 
C'est là que j'ai lu pour la première fois un texte qui déconstruit la prétendue "théorie du genre". C'est là aussi que j'ai découvert le monde merveilleux des masculinistes, qui ne sont pas le pendant masculin des féministes (oulala, non) !​​​​​​​

Garçon manqué, une BD de Liz Prince

On ne va pas y aller par quatre chemins,  j'ai été moi-même ce qu'on appelle de façon si lapidaire un "garçon manqué" et j'avoue que la question de la "féminité" me travaille pas mal encore aujourd'hui. 
Il y a quelques mois, je suis entrée dans la librairie Violette and Co, à Paris, qui se présence comme la "librairie des filles et des garçons manqués", à la recherche de l'ouvrage de référence sur le sujet. Bon, même là, il faut se rendre à l'évidence, la littérature n'abonde pas. Je suis donc repartie avec l'unique ouvrage réellement consacré au thème, mais qui — à en croire son titre — ne pouvait pas mieux coller au sujet.
Née aux États-Unis en 1981, Liz n'a pas eu une enfance facile et ses camarades se sont chargés de lui rappeler violemment qu'elle était à leurs yeux une erreur de la nature. On suit son trajet depuis sa naissance jusqu'au moment où elle rencontre sa vocation de dessinatrice. Et vous savez quoi ? Et ben c'est pas grave si on est pas féminine quand on est petite, parce que quand enfin on devient grande… on n'est pas obligée de l'être non plus ! 
La BD façon roman graphique en noir et blanc est tantôt drôle, tantôt dure, mais Liz regarde l'enfant et l'ado qu'elle était avec une infinie tendresse et cette tendresse est communicative : n'ayons pas honte, bien au contraire.  
Évidemment, j'ai vu et revu le génial Tomboy de Céline Sciamma.
J'ai eu le grand plaisir de discuter un soir avec la rappeuse George Ka qui a écrit un texte très touchant "Garçon manqué, fille manquante".

Camille, un podcast de Binge Audio

J'ai découvert ce podcast à travers l'épisode 1 intitulé "Pourquoi je peux dire pédé et pas toi". On venait d'assister à un débat bizarre : fallait-il sanctionner les insultes homophobes, et puis d'ailleurs, est-ce que traiter les footballers de pédés c'était réellement insultant pour les homos?
La réponse est oui. Ce podcast s'adresse aux homos, mais surtout aux hétéros, car, comme le dit la description de l'épisode 2 "Être un bon hétéro aujourd’hui, c’est aussi accepter, respecter et défendre d’autres sexualités que la sienne. Mais cette attitude qualifiée de « gayfriendly » n’aboutit pas forcément à l’égalité entre hétéros et non-hétéros. Au contraire, parfois, elle maintient la différence entre celles et ceux qui sont dans la norme, et celles et ceux qui ne le sont pas."
À retrouver sur votre plate-forme de podcast habituelle ou ici.
Je vous conseille également Visibles, de Timothée Guigue, un podcast pour faire baisser les préjugés sur les LGBTQI+.​​​​​​​
Kiffe ta race, un podcast de Rokhaya Diallo et Grace Ly / Binge Audio

J'ai découvert Kiffe ta race dans un épisode commun entre trois des podcasts présentés ici : Les Couilles sur la table, Camille et Kiffe ta race, épisode joliment intitulé "Guide de survie aux fêtes de famille" (n° 32). Il présente des techniques ou des arguments pour réussir à se faire entendre lorsqu'on est au cœur de conversations malveillantes, face à des personnes homophobes, racistes ou autre, a fortiori si on est soit-même victime de discriminations, et donc fortement découragé.e d'assister à de tels moments prétendument festifs. Décider si, oui ou non, on dépense de l'énergie pour se faire comprendre de gens qui sont, de toute façon, bien décidés à ne pas sortir de leurs schémas mentaux.
Je conseille aussi aussi l'épisode 33, "Nos enfants à rude école", qui nous rappelle que, si si, les enfants ont conscience des différences. Rokhaya Diallo, Grace Ly et la romancière Faïza Guène y évoquent leurs souvenirs d'enfance et la façon dont l'histoire se répète avec leurs propres enfants. Les rapports multiples de domination se mettent malheureusement en place dès l'enfance.
Dans l'épisode 45 "Grandir avec des histoires qui nous ressemblent", les deux journalistes explorent avec l'autrice, blogueuse et afro-féministe Laura Nsafou, les représentations des personnes racisées dans la littérature jeunesse et le cinéma et leur impact sur l'estime de soi des enfants concernés et les adultes qu'ils deviennent. Ami.es. graphistes et illustrateurices, cet épisode est pour vous.
Ne manquez pas non plus l'épisode hors-série "Violences policières, le poids des images" co-réalisé avec le podcast Programme B, où Thomas Rozec et Rokhaya Diallo analysent, entre autres, la diffusion mondiale et massive de la vidéo montrant la mort de Georges Floyd. 
À retrouver sur votre plate-forme de podcast habituelle ou ici.
Programme B et Kiffe ta race font partie des ressources citées dans la mine d'or "Ressources anti-racistes à destination des personnes blanches", une compilation de ressources en tous genres faite par le collectif "Woman who do stuff". Indispensable en 2020.

La poudre, un podcast de Lauren Bastide / Nouvelles Écoutes

C'est un des plus anciens podcasts féministes, il a été créé en 2016. Dans chaque épisode, Lauren Bastide (co-fondatrice de Nouvelles Écoutes, ) reçoit une femme artiste, intellectuelle ou politique. L'occasion de se retourner sur son passé et de raconter comment elles se vivent en tant que femmes, dans leur travail, dans leur quotidien et dans leurs engagements. C'est dans l'épisode 34 que j'ai découvert Daria Marx et que j'ai commencé à m'intéresser à la grossophobie, encore trop peu médiatisée. 
Lauren Bastide est une journaliste qui a travaillé longtemps dans un grand magazine de mode. Elle a aussi travaillé quelques temps sur Canal +. De ces expériences, elle a d'abord fait le constat qu'on ne laissait que très peu la paroles aux femmes et que, lorsque le lectorat était exclusivement féminin, le contenu émanait d'une sphère de femmes totalement déconnectées du réel. Elle a donc créé la poudre pour qu'il existe un espace où on n'entend QUE des femmes et pour tendre aussi le micro aux voix que l'on n'entend jamais, comme Rachel Keke, gouvernante et porte-parole des femmes de chambre de l'Hôtel Ibis Batignolles (Episode 76).
Pendant le confinement, Lauren Bastide a créé une mini-série "Elles pensent l'après", qui fait du bien. On peut également réécouter l'épisode 21 avec Assa Traoré, la sœur d'Adama Traoré.
À retrouver sur votre plate-forme de podcast habituelle ou ici.

Quoi de meuf, un podcast de Nouvelles Écoutes

Je crois bien que c'est le premier podcast féministe que j'ai ajouté dans mon téléphone.
Quoi de meuf est une conversation entre la journaliste Clémentine Gallot et, tour à tour : Kiyémis, blogueuse et poétesse afroféministe, Anne-Laure Pineau, journaliste spécialiste des questions LGBT, Pauline Verduzier, journaliste obsédée par les sexualités, et Kaoutar Harchi, chercheure en sociologie qui travaille sur les rapports de pouvoir qui façonnent les mondes de l’art et de la culture. 
Ce podcast se présente sous la forme d'une conversation super détendue dans laquelle il est question de pop culture. On y découvre plein de références de livres, films ou encore séries télé. La question féministe traverse tous ces choix mais le champ des thématiques abordées est très large. 
Je conseille l'épisode 66 "Faut-il séparer l'artiste de l'oeuvre ?" qui permet d'affiner sa réflexion sur l'affaire Polanski. Ou encore l'épisode 60 sur l'incroyable série "Unbelievable" de Susannah Grant (à voir sur Netflix).
Pendant le confinement, Quoi de meuf a sorti plusieurs épisodes essentiels sur le rôle des femmes pendant la crise du covid, sur la politisation du (dé)confinement, sur la masturbation en confinement, les seins et le confinement… 
Depuis, est sorti l'épisode 93 "Police qui es tu?" épisode indispensable sur les violences policières et en particulier le racisme.
À retrouver sur votre plate-forme de podcast habituelle ou ici.
  
Un podcast à soi, de Charlotte Bienaimé / Arte Radio

Vous connaissez peut-être déjà les podcasts d'Arte Radio. Un podcast à soi, ce sont des documentaires d'une heure sur toutes les questions qui gravitent autour des problématiques féministes : sexualité normative, horloge biologique, écoféminisme, luttes LGBTQI+, handicap, pédocriminalité, racisme, grossophobie…
Charlotte Bienaimé nous emmène avec elle et nous parle aussi de son propre cheminement intellectuel. Par exemple elle nous parle de sa difficulté à trouver son positionnement sur la prostitution (ép. 15 "Le prix du sexe) tiraillée entre des lectures antagonistes qui ont bouleversé sa vision dans un sens puis dans l'autre. Un podcast à soi nous permet de saisir la complexité des choses en nous donnant à entendre des textes d'auteurices et des interviews de concerné.es.
À retrouver sur votre plate-forme de podcast habituelle ou ici.
Vous en avez peut-etre entendu parler : le documentaire Gardiens de la paix, c'est aussi sur Arte Radio.
Dans le genre, émission de radio et podcast de Géraldine Sarratia

Géraldine Sarratia reçoit des personnalités, hommes et femmes, pour explorer leur vie à travers le prisme du genre. Comment iels se vivaient enfant, quelle image leurs renvoyaient leurs parents (mère féminine ou pas, père viril ou non). Comment ils ont vécu leur puberté. 
Un des épisodes qui m'a le plus marquée, c'est celui avec Agnès Jaoui (ep.25). Elle y raconte comme il a été dur pour elle de supporter les regards de désir incessants de la part des hommes sur son corps adolescent, un corps qui aujourd'hui encore "déborde" de féminité. Elle évoque aussi sans détour l'injustice faite aux femmes qui n'ont pas le droit de vieillir.
Un seul bémol pour ce podcast, il n'y a aucune description d'épisode avant l'épisode 61. Donc il est assez difficile de retrouver les références citées ou les nombreux morceaux de musique proposés par l'invité et la production. Je parle de ça parce que les podcasts proposés plus haut proposent vraiment des mines de références à chaque épisode, n'hésitez donc pas à aller scruter la liste des références fournie à chaque fois en description.
 

À retrouver sur votre plate-forme de podcast habituelle ou ici.
Un dimanche sur deux, de 19h à 20h sur Radio Nova.
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